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Ven, Fév

La Chine accusée d'utiliser la reconnaissance faciale pour surveiller la minorité ouïghoure

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Une enquête du New York Times révèle que des logiciels de reconnaissance faciale, largement répandus en Chine, sont utilisés pour traquer et surveiller les Ouïghours, une minorité musulmane. 

La Chine est largement critiquée pour ses mauvais traitements à l’encontre des Ouïghours, une ethnie musulmane. Il y a quelques mois, Pékin a reconnu l’existence de camps d’internement dans lesquels des centaines de milliers de personnes issues de cette minorité sont enfermées. De nouvelles révélations accablent la Chine.

Le New York Times dévoile que les autorités ont recours à un vaste système de reconnaissance faciale pour suivre et contrôler les Ouïghours. Leurs allées et venues sont consignées. Pour son enquête, le quotidien américain s’est appuyé sur les témoignages de cinq personnes dont l’identité a été rendue anonyme. Ils ont également pu consulter les bases de données utilisées par la police.

Une pratique qui se généralise 

Le système de reconnaissance faciale mis en place dans la ville de Sanmexia, dans le centre du pays, a ainsi été chargé d’identifier les Ouïghours à 500.000 reprises en seulement un mois. Ce n’est pas un cas isolé: une vingtaine de services de police de 16 provinces et régions différentes en Chine y ont recours depuis 2018. Et la demande serait en forte augmentation.

"Si vous créez une technologie capable de trier les gens en fonction de leur ethnie, quelqu’un l’utilisera forcément pour réprimer une minorité", déplore Clara Garvie, associée au Center on Privacy and Technology, une institution rattachée à l’université de droit de Georgetown.

Des alertes envoyées aux autorités

Plusieurs entreprises chinoises contribuent à la création de ce logiciel. Notamment CloudWalk qui explique sur son site: "Si à l'origine un Ouïghour vit dans un quartier, et que six Ouïghours apparaissent dans les 20 jours qui suivent, le logiciel envoie immédiatement des alarmes" aux forces de l'ordre. Une autre, SenseTime, a assuré au New-York Times ne pas être au courant que sa technologie est utilisée pour espionner des citoyens. 

D’un point de vue purement technique, entraîner les algorithmes à reconnaître les personnes en fonction de leur genre, de leur race ou de leur origine ethnique est assez simple. Mais c’est la première fois que cette technologie est utilisée à des fins répressives. Cette pratique ouvre la voie à une nouvelle ère de racisme automatisé.

      15.04.19

        Védio : Chine: après la reconnaissance faciale, la reconnaissance de la démarche

       source :  bfmtv.com