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Ven, Fév

Les Ouïghours du Xinjiang traités comme des « terroristes »

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Les Ouïghours du Xinjiang sont soumis à la surveillance et au contrôle des autorités chinoises du seul fait de leur identité ethnique.

 Bitter Winter a reçu un exemplaire d’un programme d’action antiterroriste publié par le Bureau de la sécurité publique d’un comté de la province du Henan au centre de la Chine lors de la réunion de 2019 de l’Assemblée populaire nationale (APN) et de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC). Ce programme prévoit qu’en cas de rencontre fortuite avec des Ouïghours originaires du Xinjiang, les agents de police fassent immédiatement remonter le fait au bureau de l’antiterrorisme et mettent en œuvre un travail de suivi. Ils doivent également rassembler des informations sur leurs activités, les flux de capitaux qui y sont associés, leurs communications sur Internet, leur activité religieuse, leurs interactions et relations, et même sur des détails aussi infimes que la nature de leurs achats.

Des mesures similaires ont également été mises en place dans la ville de Puyang au Henan : le Bureau municipal de la sécurité publique a ordonné aux propriétaires d’hôtels et de cyber-cafés de la ville de déclarer tous les Ouïghours qui tenteraient d’utiliser leurs services et de les empêcher de s’enregistrer à l’hôtel ou d’aller sur Internet. En cas de manquement à cette obligation, les propriétaires de ces commerces peuvent être condamnés et sanctionnés en vertu de la Loi antiterroriste de la République populaire de Chine.

L’employé d’un hôtel de Puyang a révélé que la police qualifiait les Ouïghours du Xinjiang de « rebelles ». Si un Ouïghour descend dans un hôtel et que celui-ci ne déclare pas rapidement la situation, l’établissement peut être fermé ou écoper d’une amende.

Dans un bulletin publié début 2019, un comité municipal du Parti de la province septentrionale du Hebei a qualifié les Ouïghours de « terroristes ». La circulaire appelait à résister à l’infiltration des trois forces – le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux – dans le tissu économique et professionnel local. Des opérations spéciales de gouvernance doivent être mises en œuvre pour l’inscription dans des écoles privées, les activités économiques et commerciales, la logistique et les transports et la communication des personnes liées au Xinjiang.

Les Ouïghours sont également suivis à la trace et surveillés lorsqu’ils circulent en bus ou en train. Une source qui a demandé à rester anonyme a fourni à Bitter Winter une notice publiée par le département des chemins de fer au Henan sur les « dispositifs mis en œuvre à destination des principaux groupes cibles », les Ouïghours du Xinjiang faisant partie de ces groupes cibles. Les contrôleurs de train ont ordre de vérifier soigneusement le billet et la carte d’identité des Ouïghours, de s’assurer que les deux correspondent bien et de signaler immédiatement leur présence au contrôleur en chef qui en informe ensuite la police ferroviaire. Le contrôleur en chef et la police doivent ensuite vérifier l’identité de la « personne cible », fouiller ses affaires et les consigner entièrement à titre de référence.

Bitter Winter a précédemment fait état de la situation des Ouïghours du Xinjiang qui font des affaires ou résident dans d’autres régions et qui font l’objet d’une surveillance étroite de la part des autorités et ont l’interdiction de prendre part à toute activité religieuse.

Un homme d’affaires musulman ouïghour originaire de la province du Fujian au sud-est du pays a confié à Bitter Winter que la police locale lui rendait visite quatre fois par mois et le prenait en photo. Parfois, on lui demande d’envoyer des photos de toute sa famille ou de déclarer ses allées et venues au commissariat de police local. Il doit aussi solliciter auprès de la police un certificat apportant la preuve qu’il se trouve hors du Xinjiang pour affaires. Cet homme a révélé qu’il n’osait garder aucun livre religieux chez lui.

Le PCC a enfermé plus d’un million de musulmans ouïghours et les endoctrine dans des camps de transformation par l’éducation sous prétexte de « lutter contre le terrorisme et de maintenir la stabilité ».

 

La srouce: bitterwinter.org