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Répression des Ouïghours : l’Union européenne et Washington sanctionnent des responsables chinois

Une tour de surveillance à l'entrée d'un camp de détention au Xinjiang. AFP/Greg Baker

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Les Etats-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre deux responsables chinois, pour leur rôle dans les « graves violations des droits humains » à l’encontre de la minorité musulmane ouïghoure. Le Royaume-Uni annonce aussi, avec le soutien de l’UE, des sanctions contre quatre responsables.

 

Le 22 mars 2021 à 18h25

Rien ne va plus entre la Chine et les Etats-Unis. Quelques jours après une réunion glaciale entre les deux pays, qui marquait la première rencontre sous l’ère Biden, les Etats-Unis ont annoncé ce lundi des sanctions contre deux responsables chinois, pour leur rôle dans la persécution des Ouïghours, une minorité musulmane de la région autonome chinoise du Xinjiang.

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Selon Washington, Wang Junzheng et Chen Mingguo sont associés à de « graves violations des droits humains », dont « des détentions arbitraires et une grave maltraitance physique ». « Les autorités chinoises continueront de subir des conséquences tant que des atrocités ont lieu au Xinjiang », a prévenu dans un communiqué la responsable du secrétariat au Trésor qui supervise les programmes de sanctions, Andrea Gacki.

En parallèle, le Royaume-Uni a également pris des sanctions contre quatre hauts responsables chinois pour les mêmes raisons, a annoncé le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab. Ces sanctions britanniques, prises en concertation avec l’Union européenne, les Etats-Unis et le Canada, visent également une entité publique chargée de la sécurité dans certaines zones du Xinjiang.

Interdiction d’entrée et gels d’avoirs

Elles incluent interdiction d’entrée sur le territoire britannique et des gels d’avoirs, a précisé le ministre britannique des Affaires étrangères, avertissant Pékin que la communauté internationale ne « fermerait pas les yeux » sur des « violations aussi graves que systématiques ». C’est la première fois que les ministres des Affaires étrangères de l’UE sanctionnent Pékin pour la persécution des musulmans Ouïghours. Toutefois, cet accord des Etats membres de l’UE doit encore être approuvé à l’unanimité lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi prochain.

Les sanctions américaines « complètent » celles de l’UE et du Canada, précise le secrétariat au Trésor, qui souligne que les Etats-Unis « continueront de mener avec force les efforts mondiaux pour lutter contre les graves violations des droits humains au Xinjiang et partout dans le monde ».

La Chine contre-attaque avec des sanctions

La Chine a rétorqué immédiatement à l’annonce européenne en détaillant des sanctions contre dix Européens, dont des parlementaires et des universitaires, et contre quatre organisations. Des représailles que l’Union européenne juge « regrettables et inacceptables ». Ces sanctions « ne changeront rien à la détermination de l’UE à défendre les droits humains », a averti le chef de diplomatie de l’UE, Josep Borrell.

Les organisations de défense des droits humains accusent la Chine d’avoir fait interner jusqu’à un million de musulmans Ouïghours, dans des camps du Xinjiang. La Chine dément catégoriquement et affirme que les « camps » sont des « centres de formation professionnelle » destinés à éloigner la population de l’extrémisme religieux et du séparatisme, après de nombreux attentats meurtriers commis contre des civils par des Ouïghours de la région autonome chinoise du Xinjiang.

 

Depuis que la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis se sont exprimés plus fermement sur cet internement de masse, le climat avec Pékin s’est tendu. Une récente altercation virtuelle, sur Twitter, le prouve : il y a quelques jours, un chercheur français spécialiste de la Chine, Antoine Bondaz, s’est fait traiter de « petite frappe » par le compte officiel de l’ambassade de Chine en France.

L’incident n’est pas passé inaperçu. Antoine Blondaz a très vite reçu une pluie de soutiens de tous bords : Raphaël Glucksmann (ardent défenseur de la cause Ouïghour), Nathalie Loiseau, ou encore Pascal Boniface ont appelé au respect des chercheurs et de la liberté d’expression.

 

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