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Sam, Jan

Dans le Xinjiang, région du nord-ouest de la Chine, plus d'un million de Ouïghours seraient détenus dans des camps d'internement. Alors que les autorités évoquent des "camps de rééducation par le travail", plusieurs victimes dénoncent un endoctrinement forcé et des conditions de détention difficiles. De la Chine au Canada, en passant par la Turquie et la France, nos reporters Angélique Forget et Antoine Védeilhé ont mené l'enquête. Ils ont recueilli des témoignages rares. Reportage exclusif.

Dans un climat où on parle de plus d'un million d'Ouïghours et d'autres turcophones détenus arbitrairement dans les camps, une étudiante Han a publié anonymement son compte rendu de l'intense «atmosphère de contrôle» dont elle a été témoin lors d'une tournée dans la région pendant la dernière fête nationale.

Mme Danièle Obono interroge M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur la situation alarmante de la population ouïghour en Chine.

En effet, selon le rapport de Human Rights Watch intitulé « Éradiquer les virus idéologiques : vague de répression en Chine contre les musulmans du Xinjiang » publié le 9 septembre 2018, les Ouïghours sont actuellement victimes d’une « campagne massive et systématique de violations des droits humains » organisée par le gouvernement. Toujours selon ce rapport, cette population composée de 13 millions de personnes musulmanes turciques subit des détentions arbitraires massives, des actes de torture et mauvais traitements, un endoctrinement politique forcé, des punitions collectives, des restrictions de déplacement et de communication, des restrictions religieuses et une surveillance de masse, en violation évidente avec le droit international relatif aux droits humains. Des estimations crédibles font état d’environ un million de personnes qui seraient détenues dans des centres de détention préventive, des prisons, ou bien dans des camps d’éducation politique. Au sein de ce dernier lieu de détention, qui n’a aucun fondement en droit chinois, les détenus ne bénéficient d’aucun respect de leur droit à un procès en bonne et due forme : pas d’inculpation, ni de jugement ou encore d’avocat. À la mi-août 2018, le Comité des Nations unies sur l’élimination de la discrimination raciale a qualifié le Xinjiang de « zone de non-droit ». Ainsi, elle souhaiterait que le Gouvernement détaille les actions, multilatérales, au sein du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies comme dans toutes les instances humanitaires internationales, ou unilatérales, qu’il entend mener afin de s’assurer de l’arrêt définitif de cette campagne de répression menée par les autorités chinoises.

Question publiée au JO le : 20/11/2018 page : 10386
 

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